Livre VII · Livre VII (suite)
Chateaubriand → Mme Récamier, 27 novembre 1828, Rome
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
« Rome, le jeudi 27 novembre 1828.
« Tout mon bonheur est de causer avec vous, et de penser que quelques-unes de mes pensées vous arrivent à travers l'espace qui nous sépare. Je me suis promené hier avec le pauvre Guérin dans la campagne. Dois-je le plaindre, tout malade qu'il est, puisqu'il va bientôt retourner aux lieux que vous habitez? H. Vernet m'a écrit pour m'annoncer son départ vers le milieu du mois prochain. Il arrivera dans le courant du mois de janvier. Mais alors notre sort sera décidé; Moïse sera mort ou vivra d'une longue vie; vous serez prête à vous mettre en route, ou moi prêt à aller vous rejoindre.
«Je vous remercie d'avoir écrit à Me Salvage que vous viendriez au printemps. Mais, sans compter tous les autres événements de la vie, il est probable que, vu la désorganisation complète de l'Infirmerie, Mme de Chateaubriand voudra faire un voyage en France au mois d'avril, et j'obtiendrai facilement un congé pour l'accompagner. Alors, si la chose arrive ainsi, nous arrangerons ensemble l'avenir à Paris; mais que de chances dans quelques mois! C'est aujourd'hui jour de poste ordinaire, et j'attends de plus à chaque moment un courrier des affaires étrangères. J'ai donc l'espoir d'avoir quelques lignes de vous avant de fermer cette lettre.
« Midi.
« Je reçois par le courrier ordinaire une lettre de vous du 18. Vous êtes contente de moi. Dieu soit loué! vous venez au mois de mars ; c'est encore mieux, à moins que je n'aille vous chercher ! Vous avez vu M. de La Rochefoucauld : il consent à donner les chœurs; ainsi tout cède à votre douce et irrésistible influence. Votre lettre précédente était du 6 ; vous annonciez que Taylor lirait au comité le mercredi suivant, et qu'il vous rendrait compte le jeudi; ce jeudi tombait le 13; c'est donc par vos lettres après le 13, qui me viendront peut-être par M. de Ganay, que je saurai ce qu'a dit le comité. Vous savez que vous serez dans la nécessité de dire un mot à Ladvocat, mais lui-même poussait fort à la chose. Je m'entendrai avec lui pour l'impression et la préface. Mon papier finit, il faut finir avec lui ; jusqu'à après demain samedi 29. »