Livre VIII · Livre VIII (suite)
Chateaubriand → M. Ballanche, 7 août 1840, Paris
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«Paris, 7 août 1840.
(Dictée.) — « Je me suis trop bien aperçu, mon cher et vieil ami. que vous n'êtes plus ici depuis huit jours. Mme de Chateaubriand et moi, nous vous regrettons sans cesse, et pourtant nous nous soumettons un peu à votre absence, puisque la campagne, le grand air et surtout les soins de vos aimables hôtes, vous font du bien. Remerciez mille fois, je vous prie, M. et Mme d'Hautefeuille : je profiterais avec le plus vif plaisir de leur offre obligeante, si je n'étais forcé de garder ma pauvre malade, et si je n'étais moi-même très-souffrant. Vous voyez que je ne puis écrire de ma propre main. Il me faut vivre maintenant, en enrageant, avec la goutte et les années ; ce sont deux sottes choses.
« Les nouvelles d'Ems n'étaient pas aussi bonnes hier au soir. Mon incrédulité des remèdes et des médecins m'a empêché de détourner notre amie de son voyage; mais je n'ai jamais compté que sur le fond de sa santé qui n'est point altéré. Désormais nous ne serons pas longtemps sans revoir la voyageuse qui manque tant à la société et au cœur de ses amis.
« C'est aujourd'hui que se décide l'affaire de M. Ampère1. J'ai écrit à trois académiciens ; je tremble et j'espère.
1. M. Ampère avait envoyé son Histoire de la Littérature française avant le xIIe siècle, pour le concours du prix Gobert, à l'Académie des inscriptions. ↩
« Je vous embrasse, mon vieil ami. Tous mes hommages à Mme et à M. d'Hautefeuille.
Chateaubriand.