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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XII (suite)

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 1 min de lecture · p. 227 · chapitre 180 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Que sont, hélas! les affaires humaines? Tout était convenu, tout fut ajourné. Mme de Chateaubriand se susceptibilisa de ce que son mari, partant pour les Pyrénées, ne lui donnait pas entièrement son temps. Mme Récamier, ne voulant point la contrister, remit donc son départ, et le pauvre Ballanche demeura consterné. Son erreur tenait à l'envie prodigieuse qu'il avait de voir compléter une association charmante vers laquelle il gravita jusqu'à son dernier jour. Sur ce point il resta incorrigible.

Un moment il crut que Mme d'Hautefeuille boudait la colonie. « Nous punissons-nous de nos projets avortés? écrivait-il.... Mme Récamier espère que vous reprendrez possession chez elle de votre petit lit blanc » (lettre du 20 juin). Et la châtelaine de Saint-Vrain revint faire une courte apparition pour témoigner de ses amicales dispositions. Ce n'est pas d'elle, espérons-le, que s'occupait Mme Récamier lorsqu'elle disait vers cette époque à Chateaubriand : « Je ne vois plus que des femmes qui ne me plaisent guère ! »

Peu de jours après, on apprenait la nouvelle de la mort du prince Auguste de Prusse. Mme Récamier fut très touchée par ce coup brutal. C'étaient les jours de Coppet, le tableau de Corinne, les belles époques qui s'engouffraient dans le néant. « Dieu ! soupirait Ballanche, que la vie est triste à mesure qu'elle se dévide pour finir l'écheveau. »

A la fin de septembre, le philosophe alla passer quelques jours à Saint-Vrain, et, dès son retour, continua d'entretenir Mme d'Hautefeuille de ses espérances et de ses inquiétudes.