Chapitre XI (suite)
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C'est M. de Barante qui fut chargé de recevoir le nouvel académicien. Ballanche pria son collègue Mignet de prononcer à sa place le discours obligatoire, pendant que lui-même promenait son regard sur la salle à travers son lorgnon, de l'air d'un homme absolument désintéressé1. Cette séance fut la dernière où Chateaubriand consentit à paraître, et son vieil ami lui adressa dans sa harangue un hommage reconnaissant qui se terminait ainsi : « Plus d'une fois il a consacré dans ses écrits des souvenirs qui nous sont communs, des suffrages qui ont été pour moi des titres aux vôtres. Ainsi ce nom destiné à survivre à tant de noms, ce nom qu'en vain je voulais taire, doit emporter le mien sur ses ailes. » A ces nobles paroles toute la salle se leva, applaudit durant plusieurs minutes avec des transports d'enthousiasme, tandis que l'illustre auteur d'Atala se couvrait les yeux de ses mains pour dissimuler les larmes qui le gagnaient.
(1) Souvenirs et correspondance de Me Récamier, t. II. Voici ce que disait irrévérencieusement le Rivarol de 1842 : Quelques Champollions de la critique prétendent que les œuvres de M. Ballanche ne sont que la contrefaçon mystérieuse et sublime des hiéroglyphes égyptiens; à ce compte, on devrait les graver sur un obélisque pour donner du tintouin aux races futures. On vient d'embaumer ce vieillard déjà antique, on l'a ficelé de bandelettes et déposé dans une niche de l'Académie avec cette étiquette : Ballanche-Logogriphe. ↩