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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre VIII (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 15 août 39

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 145 · chapitre 102 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

15 août 39.

Voici bien une autre affaire à laquelle vous ne vous attendez point.

Je viens d'inventer une machine hydraulique d'une très grande puissance.

Je fais faire le mémoire et les dessins et, d'ici à un mois, je compte prendre le brevet d'invention.

D'ici là, je m'occupe d'une application immédiate, et j'ai songé à Versailles.

Voici les renseignements que j'ai obtenus :

Le service de l'aqueduc de Marly se fait par des moyens insuffisants et qu'il est question de remplacer.

Il paraît que Versailles a manqué d'eau cette année, ce qui ne lui était pas encore arrivé depuis plus de cinquante ans.

C'est ce qui a donné lieu à plusieurs projets pour éviter cet inconvénient pour l'avenir.

Une commission est nommée pour examiner ces divers projets.

Le conseil municipal offre déjà 400,00o fr. pour la construction d'une machine nouvelle devenue nécessaire.

Vous connaissez Versailles. Je voudrais savoir à qui je pourrais m'adresser avec confiance pour avoir toutes les données du problème à résoudre, c'est-à-dire la quantité d'eau à élever par jour, la hauteur, etc., etc.?

Dès que j'aurai les données, je m'occuperai d'un mémoire pour l'application spéciale aux besoins de Versailles.

Je puis vous dire, dès à présent, que ma machine serait d'une telle puissance qu'elle pourrait promettre tout ce qu'on lui demanderait.

Toutefois, comme il ne s'agit encore que d'un principe, je ne me soucie point d'en parler. Je crois avoir tout prévu; cependant, il serait possible qu'il y eût des difficultés non soupçonnées et qu'il faudrait surmonter.

Je ne voudrais parler de cet objet que lorsque je serais parfaitement sûr de la possibilité d'exécution.

Versailles me servirait merveilleusement, parce que ma théorie s'appliquerait à des mesures positives.

C'est l'à-propos de la circonstance qui me force à rompre le silence plus tôt que je ne l'aurais voulu.

Voyez donc, je vous prie, avec M. d'Hautefeuille, si vous pourriez me donner quelque direction.

J'ai dit, pour aujourd'hui.

Mille tendres et respectueuses amitiés.

Hébal.

M. et Mme Lenormant sont en Normandie.
Ampère va faire une petite absence.
L'Abbaye devient solitaire.

Mme Récamier n'ose pas se remuer parce qu'elle n'est pas assez sûre de sa santé. On s'occupe toujours des Mémoires. Ne m'oubliez point auprès de tous. Travaillez-vous ?