Chapitre X (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 18 septembre 41
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18 septembre 41.
J'ai rendez-vous avec M. Belin Prieur, pour lundi prochain, à deux heures.
D'ici là, j'examinerai encore, et je serai plus en état d'avoir un avis.
Mes tristes opinions prennent beaucoup trop de vraisemblance.
Voyez-vous, notre chère France n'a pas su user de sa mission, elle a perdu l'initiative pour le progrès. Je ne sais à qui cette mission sera transportée, car, enfin, il faut bien que l'Europe se sauve, puisque l'action de l'Europe doit faire la destinée de l'avenir.
Nous avons failli à la mission, c'est certain, croyez-moi. Ne voyez-vous pas la rage des journaux de la gauche, lorsqu'on envoie un évêque à Alger, et que le gouvernement français est vertement réprimandé par eux, lorsqu'il envoie quelques secours en Syrie pour réparer les ruines faites aux églises par la collision de l'année dernière.
Vous ne m'avez cru au sujet de l'abbé de Lamennais, que lorsqu'il a bien fallu se rendre à l'évidence.
Malheureusement, vous serez obligée de me croire sur mes tristes pressentiments au sujet de la France.
Ne voyez-vous pas une nouvelle jacquerie en Auvergne? Quant au pauvre prince, il me semble que la Providence s'explique ici.
La légitimité de l'exil périt.
La quasi-légitimité se ruine et ne peut survivre à l'autre. La république est impossible.
Je n'accuse personne, je me contente de gémir.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
Hébal.