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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre IX (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 26 septembre 40

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 1 min de lecture · p. 169 · chapitre 126 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

26 septembre 40.

Mme Récamier m'a dit hier qu'elle avait reçu une lettre charmante de vous.

Elle m'a dit que vous lui proposiez un plan que je n'ai pas très bien compris. Je crois qu'il sera toujours très difficile de faire quelque chose avec Mme Récamier. Cela serait beaucoup plus possible entre vous et moi. Je ne comprends rien à cette impossibilité absolue qu'elle éprouve lorsqu'il s'agit d'écrire n'importe quoi. Et rien ne lui manque pour écrire des choses charmantes. Ceci entre nous, jusqu'à ce que nous ayons pu en causer.

Je n'ai point revu M. de Sivry ; j'espère cependant le voir de temps en temps. Je suis persuadé que le mouvement et un peu de repos d'esprit lui feront du bien.

Je me trouve beaucoup mieux, et, cependant, je ne me suis pas remis au travail. Avant de songer à la Théodicée, je pense à Charles VI. Où en êtes-vous?

J'ai eu hier un moment de vive colère au sujet de notre situation qui me paraît de plus en plus compromise par notre ignoble dictateur. Je n'ai que de tristes pressentiments.

Je ne sais comment il est arrivé que je ne vous ai pas encore remercié de vos excellents raisins ; c'est qu'en vérité, la plupart du temps, j'oublie le temps et l'espace. Aujourd'hui, je puis ajouter à de simples remerciements, car je suis convaincu que ces raisins m'ont fait le plus grand bien.

Je n'ai rien de nouveau à vous mander au sujet de M. Mourier. Voici plusieurs jours que je ne l'ai point vu ; je le crois encore souffrant.

Mes tendres et respectueuses amitiés.

Hébal.