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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XII

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 1 min de lecture · p. 214–215 · chapitre 170 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Rachel vint en effet à l'Abbaye et se montra parfaite dans Esther. Les suffrages furent moins unanimes pour le rôle de Phèdre. Passant critique théâtral, Ballanche transmettait son jugement à sa correspondante ordinaire.

« Elle a pris un système qui est le mien, que je crois celui de Racine : le système un peu élégiaque. D'autres auraient préféré le système échevelé. Aussi disais-je à Mme de Girardin que j'étais séparé de ses impressions de toute l'épaisseur d'un système. Toute la société depuis est partagée. M. Brifaut voudrait que les amis de MIle Rachel l'engageassent à changer. Moi je voudrais qu'elle persistât dans sa manière en la perfectionnant. Mme Récamier et M. de Noailles sont de mon avis. Je crois que j'ai le nombre et la qualité. M'le Rachel est d'une intelligence bien exquise, et j'ai confiance en elle.... Vous voyez que pour le rôle de Phèdre, il s'agit de deux écoles. J'oserais dire que le sensualisme et le spiritualisme seront en présence. Nous verrons bien » (lettre du 21 décembre).

Chateaubriand, triste et affaissé, avait assisté à cette matinée comme s'il n'y était pas, et Mme Récamier ressentait une certaine fatigue. Ballanche s'affectait de ces santés si chères pour lesquelles il rêvait toujours d'un air pur et réconfortant.