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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre X (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 18 décembre 41

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 195–196 · chapitre 152 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

18 décembre 41.

J'ai reçu vos deux lettres, la dernière s'était, en effet, croisée avec la mienne.

Ce que j'ai écrit sur le sujet en question doit être assez peu suffisant : toutefois c'est la série des faits, du moins à peu près.

Vous verrez bien.

Je m'informerai du moment où M. de Mortemart ira à Saint-Vrain.

Je n'ai aucune idée de ce qui a donné lieu au bruit contre lequel vous avez protesté. De temps en temps, je vois poindre ces sortes d'inquiétudes à mon sujet. Je ne puis rien à ces orthodoxies méticuleuses, et alarmées, jusqu'au moment où j'aurai dit mon dernier mot.

Est-ce que vous n'avez pas le projet de faire au moins une petite apparition ? Je suis attristé de vous voir prendre ce parti, et tous vos amis en sont attristés.

L'argent est un terrible ennemi.

M. de Chateaubriand, pour combattre cet ennemi, médite d'aller à Versailles. Ceci serait bien triste aussi.

Ma santé n'est pas mauvaise, mais il faut que je la surveille.

N'ayez aucune crainte au sujet de mon travail; ce n'est pas lui qui peut porter atteinte à ma santé.

Vous êtes bien excellente de m'en parler comme vous m'en parlez.

Ces jours-ci, Mme Récamier parlait d'avoir une petite maison de campagne, pour l'été, dans le voisinage de Saint-Vrain.

Quelle dispersion ! Comme toutes ces préoccupations sont tristes !

Moi qui aurais tant voulu que nous demeurassions tous sous le même toit.

J'ai bien besoin de toute ma sérénité pour ne pas être consterné.

Ce que vous me dites de M. de Sivry me fait une véritable peine. Il n'est point venu me voir depuis bien long-temps, et la dernière fois que je l'ai vu, je n'ai rien trouvé d'extraordinaire en lui. Mais je vois bien qu'il se tient sur une fort triste réserve.

Vous ai-je dit que M. Royer était très souffrant ?

Vous ai-je dit que M. Wilson était arrivé, et qu'on n'est pas sans inquiétude sur M. Royer-Collard ?

Demain je dîne chez M. de Kergorlay, c'est-à-dire que je vais manger mon lait chez lui.

M. de Chateaubriand s'attriste fort, parce que sa femme est toujours souffrante, parce que sa vie est bien en dehors de tout ce temps-ci.

M. Lenormant est arrivé en bonne santé, sauf son bras que le voyage a un peu endolori. Voilà un ménage bien heureux.

M. Ampère arrive à la fin du mois.

Mille et mille tendresses respectueuses.

Hébal.