Chapitre V (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], Décembre 36
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Décembre 36.
Et d'abord, je vous dirai que je n'ai eu nulle peine pour l'autorisation. Je n'ai pas écrit une ligne, et s'il y a eu beaucoup d'écritures faites, je ne m'en suis point mêlé. Je n'ai fait que transmettre vos ordres à diverses écritoires.
Ensuite, je vous dirai que je n'aurais jamais cru qu'il fût possible d'aller aussi vite. Je ne connais que vous et M. de Chateaubriand pour une telle célérité. Je suis ravi de votre liberté dont vous voulez nous consacrer une bonne part. Saint-Chéron vous offre tout ce dont il peut disposer pour les journaux. Il me charge de vous dire combien il désire vivement que vous vous occupiez de Jeanne d'Arc.
Je suis allé, hier soir, voir Mme Swetchine, qui vous aime bien, et qui n'a jamais eu une meilleure santé. Mme Récamier et Mme Swetchine se sont fort reprises. Vous allez être trois femmes dans un bonnet, et même quatre, car Mme de Lamartine ne saurait être en dehors du cercle magique. Je dirai toutes vos tendresses à Mme Récamier, qui vous les rend parfaitement.
Je suis loin de croire au ministère de M. de Lamartine, et lui-même ne paraît ni y croire, ni s'en soucier.
Les intrigues de la coalition blessent toutes mes susceptibilités. Je ne sais ce qui en adviendra.
Mille tendres et respectueuses amitiés. HÉBAL.
Enfin, à force de les demander, j'ai pu voir de vos bonnes feuilles. Je suis fort content de l'exécution typographique. Vous réhabilitez les presses de Bailly.
La mort a été bien cruelle cette saison.
Vous savez que la princesse Marie est fort menacée.