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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre VII

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 3 avril 38

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 116 · chapitre 84 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

3 avril 38.

N'oubliez pas de me donner des nouvelles de votre voyage et de vos santés. Vous avez eu bien froid. Notre jeune ami Charles a-t-il beaucoup toussé ? J'ai fait yotre présent à Mme Récamier, qui me charge de vous tendrement remercier. Il s'est introduit un nouveau projet entre la rue d'Anjou et l'Abbaye-aux-Bois. Encore un séjour provisoire. Je vous tiendrai au courant. Je commence à être un peu en peine de la publication de M. de Chateaubriand. Le morceau inséré dans la revue réussit peu2. Nous n'étions pas d'avis de cette insertion, et surtout nous aurions mieux choisi. Nous verrons. Mme Récamier continue de prendre la situation en tristesse. M. de Chateaubriand se prend lui-même en tristesse. Ampère prend le temps en tristesse. Je suis très bien entouré comme affection ; mais je suis très mal entouré comme imagination. Ma nature est calme et sereine. Il me faudrait quelques jours sereins; je crains de ne pas les avoir. La tristesse me gagne.

(2) La Revue des Deux Mondes du r avril publia des fragments du Congrès de Vérone. ↩

Hier soir, il m'est arrivé une chose qui m'a un peu contrarié. Lorsque je suis désorienté, je perds immédiatement l'appréciation du temps. Toute la journée, je vous ai crue partie depuis deux jours. Toute la journée, j'ai pensé au mardi de Mme Le Tissier. En effet, le soir, je suis allé chez elle. J'étais tout étonné de ne trouver aucun mouvement à la porte d'entrée ; j'ai commencé à la croire dans son nouveau logement. J'ai ensuite été étonné de ne voir aucun manteau dans l'antichambre. Enfin, je suis entré. J'ai trouvé M. et Mme Le Tissier tout seuls au coin de leur feu. J'ai cru qu'on était parti parce qu'il était plus de dix heures et demie. Mme Le Tissier a conclu de ma visite que j'avais le projet d'aller la voir tous les soirs. Elle a vite demandé du thé. Je n'y comprenais rien. Enfin, j'ai appris que nous étions au lundi et que vous étiez partie le matin même.

Vous voyez que je suis toujours

Hébal.