Chapitre VIII (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 11 octobre 39
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
11 octobre 39.
Je n'avais pas trop le mouvement de réclamer contre mon insertion dans la liste de la candidature académique, mais les ignobles lazzis du Charivari et du Corsaire m'y ont décidé1. J'ai écrit un simple mot au Journal des Débats, uniquement pour nier le fait de ma présentation. Ma lettre a été insérée hier; elle n'a pas plus de trois lignes.
(1) Le Charivari du g octobre contient un article : Physiologie de candidature académique, où le candidat est largement raillé. ↩
Entre nous, je dis toujours que je me présenterai pour remplacer M. de Bonald, mais c'est une manière de répondre aux bienveillantes sollicitations de quelques-uns. Je suis bien décidé à ne point me présenter. Je mourrai tranquille, sans courir les chances d'un éloge académique peut-être fort médiocre et fort absurde.
J'attends toujours un jeune Montgolfier. J'ai besoin d'un homme pratique pour savoir les moyens dont la mécanique peut disposer; ensuite, il me fournira sans doute un faiseur de dessins. Je ne crains qu'une chose, c'est la complication de la machine. La seule difficulté est là, et c'est pourquoi j'ai besoin d'un homme pratique. Au reste, cependant, la complication de ma machine n'est pas comparable à la complication de la machine à vapeur. Il est vrai de dire que cette machine à vapeur s'est faite successivement, par une suite de tentatives dont les premières ont été assez infructueuses. La mienne est faite de toutes pièces et complète, mais seulement dans ma tête.
Je ne vous ai pas assez dit combien j'ai été satisfait de ce que vous avez eu l'extrême bonté de me lire. Soyez certaine que le public sera charmé.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
Hébal.