Chapitre X (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 6 décembre 41
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6 décembre 41.
Votre lettre nous a beaucoup occupés, Mme Récamier et moi.
Nous vous enverrons un livre qui vous servira beaucoup. C'est une copie de notes de moi et d'autres. Le livre est assez gros. C'est un manuscrit qu'il faut éviter d'égarer, car la plupart des choses qui y sont contenues seraient impossibles à retrouver. Voilà pourquoi il faudrait que vous eussiez l'extrême bonté de m'indiquer l'occasion que je dois prendre.
Plus tard, je vous enverrai l'extrait des Mémoires de M. de Chateaubriand, en ce qui concerne Mme Récamier.
Quant au récit de Londres, il est presque tout à faire. Mme Récamier ne croit qu'à l'un des sentiments, je crois à tous les deux. Comment voulez-vous que l'ivresse ne l'ait pas gagnée ?
Hier j'ai rencontré un fiacre d'où sortait une tête qui me disait bonjour ; c'était M. Wilson arrivant de Rome.
Mme Récamier a été assez souffrante, mais elle est mieux. J'ai été aussi un peu souffrant, mais je suis mieux aussi. M. Lenormant est à Marseille ; il nous arrive ces jours-ci. M. Ampère est à Malte où il accomplit sa quarantaine. Je n'entends plus parler des Sœurs des Anges.
Donnez-moi, je vous prie, des nouvelles de votre santé. J'espère que votre fluxion est finie.
Donnez-moi aussi des nouvelles de toute la colonie.
Mille tendresses les plus tendres et les plus respectueuses.
Hébal.
Je travaille à la Théodicée.