Chapitre V (suite)
Ballanche → [Mme d'Hautefeuille], 6 février 37
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
6 février 37.
Depuis vous, Mme Récamier a été toujours de plus en plus souffrante. Enfin la grippe est survenue par-dessus, l'inflammation a gagné. Il a fallu agir comme pour une fluxion de poitrine. En vingt-quatre heures, elle a été saignée trois fois. M. Récamier s'est fait assister d'un confrère, M. Cayol, médecin excellent et sage. Maintenant, elle est en convalescence, mais elle exige encore de grands ménagements, et elle ne sera rétablie qu'à la belle saison. Vous voyez qu'il y a eu un instant d'inquiétude réelle. Nous n'aspirons plus qu'au moment où nous pourrons nous aller établir à la campagne. Ce sera sans doute Passy.
Je suis toujours très enrhumé. Mme Villars est grippée et son fils est malade auprès d'elle. Le domestique de Mme Récamier a été grippé, ainsi que celui de M. Paul David.
La moitié de Paris est malade. Je crois que vous vous êtes retirés au bon moment.
Je suis désolé que M. Sivry passe les nuits pour moi. Lorsque je priais M. Wilson de me rapporter les notes, c'était la bonne occasion que j'avais en vue. Mais il était bien loin de ma pensée de croire que M. Sivry serait obligé de passer les nuits.
J'ai reçu la petite préface, mais avant de la donner à l'imprimerie, je veux un peu l'examiner.
Je suis plus tranquille, mais, en vérité, j'ai été fort inquiet.
M. de Chateaubriand va bien.
M. et Mme Lenormant vont bien.
Ampère va bien.
Mille tendres respects et compliments.