Chapitre XI
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 18 février 42
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18 février 42.
Je ne saurais vous dire à quel point je suis touché de tout l'intérêt et de tout l'empressement qui me sont témoignés.
Hier, depuis une heure jusqu'à minuit, le salon de Mme Récamier n'a pas désempli.
Aujourd'hui, de même.
En rentrant ce soir, je trouve une foule de cartes de visite et de billets.
Je n'ai eu que 17 voix à l'Académie, mais si j'avais eu un second tour, beaucoup de voix engagées me seraient revenues. De plus, j'avais un pauvre malade, M. Royer, et deux absents qui m'ont écrit leur chagrin de ne point coopérer à ma nomination.
Tous mes amis ont été d'une grande perfection. M. Thiers était d'un empressement et d'un entrain dont vous ne pouvez vous faire une idée.
C'est M. de Barante qui me recevra et qui désire que ce soit le plus tôt possible.
Je sais que mon élection a fort réussi dans la société, et Fanny prétend qu'elle est très populaire.
Mme Récamier heureusement s'est bien trouvée hier toute la journée, et elle a pu recevoir toutes les visites si bienveillantes sans trop de fatigue.
Aujourd'hui, elle était un peu fatiguée, et je pense bien qu'elle ne voudrait pas souvent recommencer.
Je ne m'attendais point à ces émotions, je me croyais plus philosophe que cela; c'est qu'il est bien bon de se voir des amis hors du cercle de l'intimité, et qu'il est doux de sentir ses amis heureux d'un succès.
Vous m'avez bien manqué, M. d'Hautefeuille m'a manqué, et mon jeune ami Charles, et même son maître des études.
Hébal.