Chapitre XI (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 3 décembre 42
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
3 décembre 42.
Dans ce moment, le soleil est sur ma table; il doit faire bien bon à Saint-Vrain. Dieu veuille que ce soleil vous fasse du bien à tous, et en particulier à M. Hetsch.
M. Guillemon m'a dit que toutes vos santés étaient bonnes, à l'exception de celle de M. Hetsch avec qui il a pu peu causer, à cause de cela. M. Guillemon m'a aussi dit que vous vous étiez remise à Saint Louis1.
(1) Ce travail de M= d'Hautefeuile parut dans douze numéros du Correspondant (10 mars 1850 à 1854). ↩
Cousin imprime un volume sur Pascal. Je suis très impatient de le voir et de le lire. Je suis décidé, si ma santé me le permet, à écrire, à cette occasion, sur la responsabilité humaine, question dont je me suis tant occupé, qui est le fond de la formule générale de l'histoire, question redoutable qui, selon moi, a fait chavirer Pascal, et, de nos jours, l'abbé de Lamennais. Au reste, on dit que ce dernier est en voie de retour. Nous verrons bien.
J'ai assisté à l'ouverture des cours de M. Lenormant sur les origines de la société moderne. Il m'a fait un grand plaisir par la manière dont il a complètement annulé Strauss. Je ne l'ai point lu, mais je pense tout à fait comme M. Lenormant.
Mme Récamier a été souffrante pendant quelques jours, elle est bien à présent. Je puis vous dire que toutes ses pensées de printemps se dirigent sur Saint-Vrain.
Savez-vous que le livre de la Princesse prend un certain ascendant. Il n'y a pas encore discussion, mais je vois qu'on est disposé à le compter pour plus qu'on ne s'y attendait. On le traduit en italien.
Si je fais mon livre sur Pascal, je crois que j'ouvrirai quelques horizons, et que je soustrairai la question à l'éclectisme de Cousin.
M. Guillemon m'a paru très satisfait de la santé de M. Charles ; j'en ai été ravi.
Mille et mille respectueuses tendresses et mille et mille tendres respects.
Hébal.