Chapitre VIII (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 10 juillet 40
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10 juillet 40.
Je m'empresse de vous écrire un mot pour vous dire qu'aujourd'hui je suis très bien. J'espère que cela va continuer et qu'alors j'aurai pleine liberté d'aller me mettre sous votre protection et celle de M. d'Hautefeuille.
M. Récamier me disait hier soir que je devais continuer, même à la campagne, ces bains d'effusion, où M. Constant m'a vu plongé.
Croyez-vous que ce ne serait pas trop d'embarras, chez vous ?
C'est Fanny qui me les donne avec une véhémence prodigieuse; ce serait elle qui me les administrerait courageusement à Saint-Vrain; mais encore faut-il qu'il y ait possibilité.
Mme Récamier est ébranlée sur son voyage d'Ems. Elle a toujours l'extrême bonté de me faire elle-même mes soirées. Quelquefois, je m'aperçois bien de sa fatigue, malgré sa dissimulation.
Je m'empresse de vous donner de mes nouvelles, parce que je crains les lettres de Justin Maurice et la présence de M. Wilson. Jamais, depuis ma rechute, je ne me suis mieux trouvé; cela me paraît plus que de la convalescence.
Mille tendres et respectueuses amitiés à vous, à M. d'Hautefeuille, à toute la colonie.