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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XIII (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 18 mai 47

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 1 min de lecture · p. 258 · chapitre 202 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

18 mai 47.

Nous ne sommes pas au bout de nos tribulations. Mme Récamier continue de ne point voir, et malgré les justes espérances, et même les certitudes, il ne peut pas y avoir de repos réel; le découragement survient toujours de temps en temps.

Le pied de M. d'Hautefeuille demande à être ménagé. Je crois M. Constant un excellent médecin.

Il y a des jours où ma vie physique est dans une sorte d'atonie. Le jour où vous êtes venue était un de ces jours. Sans cela, je vous aurais expliqué mon plan de travail : ce sera pour un autre jour. Mon cerveau et mes yeux sont parfaitement intacts, mais tout le reste est bien vieux. Mon intelligence est servie par de tristes organes. Au reste, cela a toujours été ainsi, ma pensée a toujours été plus forte que moi. Seulement, cette disharmonie augmente avec l'âge.

Je n'ai point vu la Judith. Je n'ai point lu les Girondins. Je sens que ce que vous me dites du livre et du tableau est d'une parfaite exactitude.

Je vois que votre optimisme commence à fléchir. Le mien est en pleine déroute.

Il faut achever de mourir pour ressusciter.

Je crois qu'en effet M. Guillemon aurait eu besoin d'un autre milieu, mais, à présent, il serait beaucoup trop tard.

Je félicite notre bachelier de son cheval.

Mille bonnes tendresses;

Hébal.