Chapitre XI (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 26 août 42
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
26 août 42.
Nous sommes arrivés hier de très bonne heure, nous avons regretté quelques instants que nous aurions pu passer de plus à Saint-Vrain. Nous sommes arrivés en très bonne santé, mais complètement désorientés. Moi, qui ne puis m'empêcher d'être préoccupé de l'avenir, je trouvais un vrai soulagement dans la pensée que nous venions de fonder pour nous tous une société ou plutôt une famille indissoluble. Nous nous sommes arrêtés une heure à Longjumeau. Nous n'avons parlé que de nos regrets à tous. Même conversation le soir. Je puis vous dire que, pour Me Récamier, l'idéal d'une charmante retraite à la campagne, c'est Saint-Vrain. Je n'ai pas besoin de vous dire ce qu'est Saint-Vrain pour moi. Mille tendres souvenirs à M. d'Hautefeuille. Mille amitiés à M. Charles. Tous mes regrets à M. Hetsch d'avoir si peu profité de lui. Je vais songer à ma santé. Elle est bonne pour tout, pour l'étude, pour le travail, même pour l'amitié. Nous avons passé une excellente soirée, la veille de notre départ, l'une des meilleures que l'on puisse passer. Dites-le bien, je vous prie, à M. de Mortemart. Ce matin, j'ai pris un bain, je me suis couché après, et je me suis endormi parce que j'avais peu dormi la nuit. Je me suis levé tard et j'ai eu des visites. J'ai un peu parlé, ce qui m'a fatigué, et ce qui m'a ôté du temps que je voulais vous consacrer. On ne fait jamais ce que l'on veut. Je vous baise les mains avec larmes.
Hébal.