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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre IV (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 15 octobre 36

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 71–72 · chapitre 47 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

15 octobre 36.

Ampère et moi nous sommes arrivés à Maintenon mardi matin. Mme Récamier y est arrivée dans la journée. M. le duc de Laval est arrivé aussitôt, quelques minutes après. M. de Chateaubriand est arrivé mercredi matin, et il est reparti hier.

J'avais laissé Mme Récamier souffrante à Paris, elle est arrivée encore assez souffrante. Elle est mieux.

Nous avons eu deux lectures de M. de Chateaubriand qui sont ce que vous savez. Ces mémoires sont une mine inépuisable des plus belles choses.

Maintenon est un très beau lieu. Un château très pittoresque en dehors, très commode en dedans. De très belles eaux, des aqueducs magnifiques, des ombrages admirables.

Des hôtes d'une grande perfection comme hospitalité et comme agrément de société.

Je me suis occupé du plan que vous connaissez. Je l'ai trouvé d'une exécution plus difficile que je ne croyais. Vraisemblablement, je le modifierai. J'introduirai, dans la Ville des Expiations, Orphée, Antigone, les Sécessions romaines, la Vision d'Hébal, l'Homme sans nom, etc. Mais je laisserai en dehors l'Essai sur les institutions, les Prolégomènes de la Palingénésie, le Vieillard et le jeune homme, etc. J'aurai toujours trente-trois livres. Chaque livre sera toujours précédé de deux arguments, pour la liaison et l'ensemble. Mais ces arguments seront choses complètement nouvelles. Je ne m'obstruerai point de morceaux pris dans mes ouvrages précédents. J'aurai toujours deux volumes : le monde ancien et le monde moderne. Mais mes précédents écrits resteront ce qu'ils sont ; et pourtant, ma publication nouvelle sera mon testament.

Et vous, vous occupez-vous bien ? Aurai-je, à mon arrivée à Paris, votre mise au net définitive?

Nous partons lundi pour Montigny. Ce serait bien aimable à vous de m'écrire là. Nous n'y demeurons que deux jours pleins. Puis nous retournons directement à Paris :

Montigny, par Cloye (Eure-et-Loir), chez M. le duc de Laval.

Donnez-moi bien, je vous prie, des nouvelles de toutes les santés. La mer a-t-elle réussi?

Mille tendres et respectueuses amitiés.

Hébal.