Chapitre X (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 16 juin 41
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
16 juin 41.
J'ai reçu hier une lettre de M. de Sivry, de Florence, je vois qu'il passe par Milan et Genève.
Il a trouvé à Florence les 300 fr. qui l'attendaient ; il trouvera à Genève 30o fr. que je lui envoie aujourd'hui.
Il me parle avec une sorte de ravissement de sa santé et du plaisir qu'il éprouve à se retrouver près de France.
Je suis très embarrassé de lui écrire, car je ne sais en quels termes vous êtes, quant à présent.
J'ai reçu, à la fois, deux lettres de Justin Maurice qui me dit tout ce qu'il est 'possible de dire au sujet de ses amis.
Il voudrait deux exemplaires de Jeanne d'Arc, l'un pour lui, l'autre pour la grande-duchesse ; mais il désirerait une dédicace de vous pour la grande-duchesse, qu'il dit française par les goûts et même par le cœur.
Avez-vous des nouvelles de votre envoi au czar ?
Je suis encore à barboter dans les expériences, mais tout me confirme dans mes idées.
Mme Récamier est toujours assez souffrante, mais elle ne songe plus à aller à Ems.
Ampère va partir. Il précède M. Lenormant.
Voici une vacance à l'Académie ; j'y mets bien peu de prix. Je voudrais qu'on mît M. de Tocqueville sur les rangs, malgré son absence.
J'ai une plus haute ambition, car je continue à être persuadé que ma découverte est une de celles qui marquent dans un siècle.
Vous ne m'écrivez plus. Est-ce un signe que vous allez faire une petite apparition au milieu de nous ?
Mille fois mille amitiés les plus tendres et les plus respectueuses.