Chapitre XII
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 7 mars 43
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7 mars 43.
J'ai su par M. de Sivry qu'il vous avait instruite du petit service que j'ai été assez heureux de pouvoir lui rendre. J'aurais bien préféré qu'il eût laissé cet incident entre lui et moi. J'ai appris, par là, combien la pauvre destinée de ce jeune homme doit vous donner du souci. Une faculté qui me paraît lui manquer complètement, c'est la prévoyance de l'arrangement. Sans cela, il y aurait possibilité de nous entendre entre nous tous. Mais je vois bien que nous devons vivre avec lui au jour le jour. Nous en causerons quand vous serez ici.
Hier, j'ai été assez longtemps seul avec Mme Récamier. Nous avons beaucoup causé de vous. Elle vous aime tendrement et elle vous apprécie bien. Elle a le plus vif regret de voir votre séjour si prodigieusement écourté. Elle désire de toute son âme de pouvoir s'en dédommager au mois de mai. Nous en causerons.
Une chose sur laquelle nous sommes d'accord, c'est l'inconvénient pour M. votre fils de rester trop longtemps confiné loin du monde. Le voilà qui est tout près d'être un homme.
Combien nous avons à causer !
J'ai reçu une assez longue lettre de M. de Kergorlay. Il va encore s'éloigner.
Selon moi, M. de Lamartine aurait dû garder sa situation, ne pas quitter des fossiles pour aller trouver d'autres fossiles1.
(1) Lamartine s'était séparé avec éclat de la politique gouvernementale. ↩
M. de Chateaubriand est beaucoup mieux : c'est un grand bonheur pour tous.
Je suis toujours dans une bonne veine de santé. Il me reste à désirer de pouvoir en profiter.
Tous mes plus tendres respects.
Hébal.
Où en est M. Hetsch pour sa santé? Dites-lui tous mes vœux et tout mon attachement.