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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XI (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 4 novembre 42

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 210–211 · chapitre 167 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

4 novembre 42.

Votre lettre m'a fait une vive peine. Je ne sais rien de plus déplorable que la situation dece pauvre ménage. Dieu veuille que tous les sacrifices des deux côtés obtiennent enfin le succès qu'ils méritent. Quel triste voyage vous avez fait! Cette pauvre femme a dû être heureuse au moins pendant quelques moments.

Nous avons eu une toute petite lecture avant-hier. C'était Prague pour Mme de Pastoret. Ce soir, nous aurons Me Rachel. Chaque fois, nous sentons renouveler nos regrets de l'éloignement où nous sommes. Au reste, c'est toujours en très petits comités.

Mme Récamier a encore été souffrante. Dans ces cas, elle a recours au petit lit blanc. Votre ménage à vous deux devient assez intime, comme vous voyez.

Je suis allé hier chez Mme Swetchine. J'y ai trouvé M. Wilson. Il a été fort question de vous, de M. et Mme de Kergorlay et du nouveau correspondant.

Dans mon petit cabinet, je jouis pleinement, le matin, du soleil d'automne: c'était ce que vous aviez la bonté de désirer pour moi.

Ampère nous revient au commencement de la semaine prochaine.

J'ai appris, ces jours-ci, une nouvelle qui m'a fait plaisir: croiriez-vous qu'à Neuchâtel en Suisse on fait apprendre Antigone, par cœur, aux enfants ?

Je commence la lecture de la Princesse. Jusqu'à présent, je suis loin d'être sévère. Peut-être, plus tard, je pourrai être achoppé par certaines choses, mais, en attendant, je suis satisfait. Je n'ai point encore rencontré la phrase qui vous a si justement ébouriffée.

Il faut bien que je vous le dise, je ne suis point pour les exclusions. Ainsi je n'aime point qu'on interdise certaines questions aux laïcs, certaines autres aux femmes. L'insuffisance de la raison, certainement ; mais son abolition complète, jamais. Reste la responsabilité de toutes les témérités. Je suis d'avis aussi que la responsabilité s'étend sur les études incomplètes 'et plus ou moins inconsciencieuses. J'attends avec une vive impatience le volume de Cousin sur Pascal.

Mille et mille tendres respects, et mille et mille tendresses respectueuses.

Hébal.