Chapitre IX (suite)
[Mme Récamier] → [Mme d'Hautefeuille], 5 août, Ems
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Ems, 5 août.
Oui, chère madame, vous m'avez fait un véritable bien en me donnant vous-même des nouvelles de notre ami, tout mon désir était de le savoir près de vous ; il me parle avec une vive reconnaissance de la perfection de votre hospitalité. Il me semble qu'il ne pouvait trouver qu'en vous ce qui lui est si nécessaire dans ce moment: l'intérêt dans le calme; vous vivez des mêmes idées, vous parlez la même langue, que j'aimerais à vous entendre, à me trouver avec vous dans cette aimable retraite si bien habitée ! Quel contraste avec l'isolement où je vis, presque tout ce que je connaissais est parti, je m'occupe uniquement de ma santé, c'est bien la plus sotte, la plus stupide, la plus triste des occupations ; j'ai bien besoin, pour y persévérer, de me dire que c'est un sacrifice que je fais à mes amis, que je n'ai eu le courage de les quitter que pour les occuper moins tristement de moi.
J'ai été plusieurs jours bien souffrante et bien découragée, mais je suis beaucoup mieux depuis trois jours et je commence à espérer.
Adieu, très chère madame, rappelez-moi au souvenir de M. d'Hautefeuille, parlez de moi avec notre ami, et recevez l'expression de mon attachement et de ma tendre admiration.
(Sans signature.)