Chapitre X
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Nous voici à la fin de mars 1841. La sixième production littéraire de Mme d'Hautefeuille voit le jour. C'est Jeanne d'Arc, que la presse accueillit avec plus de faveur que le public. Noble sujet pourtant. La vie de l'héroïne nationale fut si pure, si courte, si complète qu'elle semble à peine appartenir à l'histoire, Jeanne se montre à nous comme un type idéal, émouvante synthèse des plus nobles facultés, la patience dans le dévouement, la vérité dans l'enthousiasme, la fermeté dans la conviction ; elle paraît un mélange de grandeur et de timidité; sa mission est celle d'un guerrier, son caractère est celui d'une femme. Elle est femme au combat pour plaindre les vaincus, femme pour mener les hommes qui l'entourent, femme pour pleurer en prison la mort sans gloire. Une femme pouvait donc mieux que tout autre faire connaître la vierge de Domremy. L'ouvrage contenait un peu d'amour inutile et un emploi trop fréquent du merveilleux, mais malgré certains défauts, il offrait une agréable composition; le style était assez pur, les pensées nobles. Au point de vue philosophique, l'étude pouvait compter comme une des plus rationnelles ; au point de vue politique, comme un livre d'un ardent et pieux patriotisme. Un exemplaire envoyé à Chateaubriand eut pour résultat ce billet autographe :