Chapitre X (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 1er janvier 42
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1er janvier 42.
Dieu nous est venu en aide, jusqu'à présent, au milieu de toutes nos traverses. Il faut le prier de nous être en aide jusqu'à la fin.
Les Sœurs des Anges nous sont enfin parvenues. Je ne puis encore rien vous en dire. Extérieurement, le volume est très bien. Intérieurement, j'en connais tout le prix.
Depuis vous, Mme Récamier a toujours été assez souffrante. Mais vous n'êtes pour rien dans ce malaise ; vous n'y êtes que pour l'allégement que vous lui avez procuré. Soyez sûre qu'elle aime beaucoup votre société et que vous êtes très avant dans son cœur.
Pourquoi sommes-nous tellement séparés ?
Dans l'autre vie, nous serons tous près les uns des autres. Le temps et l'espace n'existeront plus: la belle et magnifique chose pour les affections !
En attendant, vous voilà avec deux avenirs, l'un doux, l'autre beau. Vous avez donc une double couronne, celle d'auteur et celle de mère. Vous la méritez bien.
Toutes mes tendresses à M. d'Hautefeuille et à celui qui va être un homme.
Mille et mille tendresses les plus tendres et les plus respectueuses.
Soyez assez bonne pour me rappeler au souvenir de votre nouvel ami. Hélas ! celui qu'il remplace n'est point absent de notre pensée.
Au revoir. Vous savez à présent quel joli petit lit blanc vous attend toujours. Il voudrait bien vous garder un peu plus chaque fois qu'il vous recevra.
Hébal.