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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre II (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 27 août 1834

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 30–31 · chapitre 12 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

27 août 1834.

Ce temps qui, sans doute, vous déplaît beaucoup, et qui ajourne tout projet de campagne, facilite beaucoup ma convalescence. J'espère cependant qu'il reprendra quelque sérénité, que nous aurons encore de beaux jours, mais de beaux jours d'automne. Je pourrai alors reprendre l'exercice de mes facultés, sans inconvénient pour ma santé. En général, l'automne est ma meilleure saison. J'ai un désir immense de finir mes publications. Sainte-Beuve prépare sur moi un article pour la Revue des Deux Mondes. Je crois que cet article sera très bien. Il y travaille, j'ose dire avec amour. Je trouve que vous avez raison sur son livre; mais n'est-ce pas là un type vivant de notre situation en toutes choses ? Puissance et impuissance.

Je viens de lire une brochure qui est bien un symptôme au delà des Paroles d'un croyant. Une saint-simonienne qui a fini par le suicide a écrit une brochure qui a été imprimée après sa mort, par une autre saint-simonienne, qui n'a pas craint d'en prendre sur elle toute la responsabilité. Dans cette brochure, toutes les bornes possibles de la pudeur sont franchies. On y demande l'abolition complète du mariage, la promiscuité absolue des sexes, la filiation par la mère, le père devant rester incertain, par conséquent inconnu.

Je relis Ahasvérus. Entre nous, il baisse dans ma pensée.

Lélia, Volupté, Ahasvérus, l'infamie des conséquences saint-simoniennes, mille choses me font comprendre qu'on a besoin de mes idées sur le passé et sur l'avenir de la société.

Dieu me soit en aide !

Mille respectueux et affectueux souvenirs.

Je n'appellerai plus Charles Monsieur ; je laisserai ce soin à d'autres. Mais qu'il travaille à devenir un homme, car il appartient à une génération où les hommes seront bien nécessaires ! Ceci ne veut pas dire que je m'oppose à l'émancipation de la femme.

Mme Récamier est mieux de santé. Au reste, l'été est pour elle comme pour moi une saison fâcheuse.

A vous dans la vision et hors de la vision.

Hébal.