Chapitre IV (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 27 février 36
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27 février 36.
J'aurais bien des choses à vous écrire, et cependant je ne vous écrirai qu'une toute petite lettre.
Je crois bien, comme vous, que l'ensemble de la santé de Mme Récamier est meilleur, mais sa santé est toujours bien inquiétante. Depuis vous, elle a à peine dormi quelques heures. Comme elle était fort souffrante, elle a fait venir son médecin. Heureusement, il ne parle plus de saignée. Mais ce qui me confond, c'est qu'il ne prescrit rien. Enfin, nous approchons du beau temps.
J'ai vu, hier, pour la première fois, M. de Lamartine. Il est beaucoup mieux. Et il est en plein succès de Jocelyn. Tout ce qui est autour de lui rayonne de gloire. Je vous dirai, au reste, que, pour mon compte, j'en suis charmé; que Mme Récamier est dans une sorte d'enivrement. Mais il est vrai de dire qu'elle a une vive sympathie pour lui, que je l'aime tendrement, et que l'aspect seul de sa femme me fait de l'émotion.
L'ère de Mme Sand touche à sa fin, comme l'ère des doctrinaires. La réaction est commencée, et vous n'y nuirez pas. Toutefois, vous avez fort raison de vous préoccuper de la forme. Et vous pouvez être certaine que vous avez la vôtre.
Je pense bien que M. de Kergorlay vous donne des nouvelles de la santé de Mme Louise. Depuis vous, elle a eu du mieux et ensuite du moins bien. Il paraît que c'est, en définitive, une santé déplorable.
Mille respectueuses tendresses et mille tendres compliments.
Hébal.