Chapitre VIII (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 23 mai 40
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23 mai 40.
Je vous dirai que je ne suis pas trop content de ma santé, non pas qu'elle rétrograde, mais elle n'avance pas, ce qui m'est une raison de plus pour ne pas tarder.
Aussi, ai-je commencé à imprimer, et même j'ai déjà entre les mains les premières épreuves.
Je ne suis pas encore très pressé pour le travail de dévouement de M. de Sivry; mais d'ici à moins d'un mois, j'en serai très pressé.
Je vois que mes épreuves me retarderont beaucoup, car, sans cela, je dirais moins d'un mois.
J'ai renoncé à M. Delloye. Je fais tout par moi-même. Je ne vois point mon petit article dans le Journal des Débats; maintenant il serait trop tard, parce qu'il faudrait un véritable article. M. Jourdain croit qu'il ne faut pas, en ce moment, provoquer la discussion; je suis assez de son avis.
Il faut laisser l'opinion saine se former, sans taquiner l'autre qui s'irriterait.
Les prêtres et les jeunes femmes sont pour vous, et d'autres encore qui ne sont ni prêtres ni jeunes femmes.
Mais, au nom du ciel! ne vous découragez pas. On ne saura réellement pas à quoi s'en tenir sur vos tendances que lorsque vous aurez clos votre cycle.
Il nous faut notre Jehanne.
Mme Récamier a toujours les mêmes alternatives. Il n'est pas bien étonnant qu'il y ait de l'incertitude dans ses projets.
Quant à moi, je m'abstiens d'en former. Une seule chose m'occupe sérieusement, c'est la ferme pensée de clore aussi mon cycle.
Mille tendres et respectueuses amitiés.