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L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre XI (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 15 décembre 42

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 213 · chapitre 169 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

15 décembre 42.

Je continue à me bien porter, mais Mme Récamier a toujours, de temps en temps, quelques petites crises qui quelquefois n'aboutissent pas et qui se prolongent alors. M. de Chateaubriand a été quelques jours presque découragé. Ses jambes lui refusent souvent leur service. On trouve que je quitte des années ; à la première occasion, je saurai bien les reprendre. Je m'occupe, mais par la pensée seulement, de Pascal. Il s'agit de ce grand problème à la solution duquel je travaille depuis quarante ans, à savoir le problème de la responsabilité humaine. J'engage M. Guillemon à faire quatre ou cinq biographies : Keppler, Copernic, Leibnitz, Newton, Pascal. Cela ferait un beau volume. Mon travail sur Pascal seul formerait un autre volume.

Voici une autre victime récente du grand problème.

M. Jouffroy a laissé des manuscrits qu'on a voulu imprimer.

Lorsqu'on a commencé l'impression, on s'est aperçu du coup qui pouvait être porté à l'enseignement philosophique universitaire.

De là des altérations que l'on peut prouver.

Comprenez la grande joie des ennemis.

On parle de la possibilité d'une nouvelle évolution de M. de Lamennais.

Je crois que si je puis faire mon travail, il viendra bien au secours de toute cette question.

Quel bonheur si le dégoût de la politique allait nous jeter dans la philosophie et dans la religion!

Vous voyez bien qu'il nous faut votre Sint Louis.

Donnez-moi de vos nouvelles, de celles de M. d'Hautefeuille, de celles de M. Charles, de celles de M. Hetsch.

Si vous en avez de M. de Kergorlay, je vous prie de m'en donner. Je voudrais le savoir à Malte.

Il fait un temps admirable. Je suis en plein soleil.

Lorsque vous viendrez, tâchez de vous donner un jour plein, et profitez de ce jour pour voir les arrangements de séjour que vous aurez à prendre. Tâchez de vous établir plus confortablement que vous n'avez coutume de le faire.

Mme Récamier vous aime tendrement.

Je ne parle point de moi.

Hébal.

Mlle Rachel viendra chez Mme Récamier dimanche prochain, à quatre heures. Elle dira quelques scènes de Phèdre.