Chapitre IX (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 20 décembre 40
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20 décembre 40.
J'ai eu, hier matin, une petite reprise qui n'a rien été ; aujourd'hui, je suis trop bien. Hier, j'ai gardé le lit; aujourd'hui, je me contente de garder la chambre.
Me Récamier, depuis une quinzaine de jours, est très souffrante, mais de son rhumatisme. Elle est obligée de rester couchée.
Fanny va chercher de ses nouvelles et lui porter des miennes.
M. Mourier sort de chez moi. Il est toujours de plus en plus enchanté. Les dessins avancent, et plus l'idée prend du corps, plus elle devient imposante.
J'ai eu, hier, la visite d'un M. de Villers, qui vient de visiter l'Allemagne pour les monuments de la science anté rieurs au siècle de Galilée. Il est d'accord avec moi que Rome doit être très riche. Il écrira à M. Guillemon toute notre conversation, qui a été, je vous assure, très importante.
M. Guillemon a été assez malade. J'attends de lui une lettre pour les instructions détaillées à donner à M. de Sivry. Il ne perdra pas son temps à Rome. Il sait déjà en gros de quoi il est question. D'ailleurs, il faut bien qu'il voie Rome. De toutes les lettres que je lui ai données, aucune ne pourra être remise. M. Lacordaire est en route. M. l'abbé Muret est à Munich. M. l'abbé Gerbet s'est retiré à la Cava, ravissant monastère au delà de Naples. Il ne trouvera donc que M. de Cazalès pour qui je ne lui ai point donné de lettre, mais il en a une de M. Debécourt.
Je lui ai envoyé deux lettres pour le général des jésuites et pour un savant abbé; elles sont de M. de Montalembert.
J'ai prié M. Lenormant de me chercher un jeune homme pour l'intérieur de M. de Sivry.
Cette nuit, pendant quelques heures d'insomnie, j'ai arrangé, dans ma tête, mon discours de réception. A ce sujet, j'ai une prière à vous faire. On m'a dit que le meilleur article biographique sur M. de Bonald se trouve dans le Dictionnaire de la conversation. Je vous prie d'avoir l'extrême bonté de chercher le volume, et de vouloir bien me l'apporter en venant à Paris. Je n'en ai nul besoin auparavant.
Mille tendres et respectueuses amitiés.
Hébal.