Chapitre XII
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 1er mai 43
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
1er mai 43.
Vous gardez à présent le silence. C'est, sans doute, parce qu'il n'y a rien de nouveau dans vos projets. L'espérance que vous nous avez donnée de venir à Paris avant le 15 subsiste toujours. Nous voudrions bien savoir précisément le jour où vous viendrez. Serez-vous assez bonne pour rester au moins un jour entier ? Mme Récamier se dispose pour le 15, mais ce ne peut être qu'une disposition éventuelle tant que vous ne vous serez pas vues, tant que vous n'aurez pas causé une demi-minute ensemble. Ce n'est ainsi que parce que vous avez une affaire qui vous oblige à venir avant de rentrer dans votre repos de Saint-Vrain.
J'imagine que votre course à Orléans, vous devez la faire avec Me de Mogé, et que cette course est comprise dans le séjour de cette amie auprès de vous.
Il est bien nécessaire aussi que nous causions de votre projet relativement aux Mémoires de M. de Chateaubriand, qui, du reste, ajourne son voyage à la Trappe.
J'ai demandé au cabinet de lecture l'ouvrage de Mme de Craon; on ne me l'a pas encore envoyé. Je veux aussi y jeter un coup d'œil avant de me le procurer1.
(1) Le siège d'Orléans en 1429, par la princesse de Craon. 4 vol. in-8. ↩
La saison se fait bien belle et fait vivement désirer le 15. Demain, à l'Athénée, il doit y avoir une séance où, à l'occasion de la Lucrèce de M. Ponsard, on discutera mes idées sur l'histoire romaine. Il en sera aussi question dans une séance publique de l'Institut historique. Cette concordance me ferait fort désirer d'achever ma Formule générale. Je suis bien convaincu que la tragédie nouvelle aurait beaucoup gagné à s'emparer de mes hypothèses qui, pour moi, ne sont pas des hypothèses. J'ai relu, ces jours derniers, la première sécession plébéienne. Vous ne sauriez croire à quel point j'ai perdu la trace de ces idées. En vérité, je ne sais plus où j'ai pris toutes ces choses. Je doute fort qu'à présent mes notes me suffisent pour y revenir.
Combien j'ai besoin de faire abstraction de la mémoire pour croire à l'identité et à la perpétuité du moi!
Mille tendresses les plus tendres et les plus respectueuses .
Hébal.