Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848

Chapitre VI (suite)

[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 12 juillet 37

Ballanche et Mme. d'Hautefeuille. Lettres inedites de Ballanche, Chateaubriand, Sainte-Beuve, Mme. Récamier, Mme. Swetchine, etc · 2 min de lecture · p. 104 · chapitre 75 sur 204

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris H. Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

12 juillet 37.

J'avais réduit mon article de plus de la moitié pour être plus certain d'une insertion plus rapprochée. Samedi dernier, M. Armand Bertin me promit l'insertion pour lundi, et la promesse n'est pas encore tenue aujourd'hui mercredi.

Voyez-vous, lorsqu'on n'appartient pas à la coterie des journaux, on est toujours ajourné. Il semblerait que les articles non payés devraient avoir la préférence; cela n'est point, parce que les articles payés sont là qui demandent à vivre. Puis il y a les éditeurs favorisés que l'on veut contenter. Puis, enfin, il y a les auteurs épousés par la presse périodique, les inféodés des diverses coteries, etc. Oui, la constitution de la presse périodique est détestable de tout point. Patience et résignation.

Je n'ai conservé que d'informes brouillons de l'article. Ainsi, je n'ai pu relire le si beau morceau que vous avez l'extrême bonté de me signaler. Je vous prie donc de bien conserver ce que vous avez entre les mains, pour que je construise, en temps et lieu, la préface en question. Il est fort possible que les articles à survenir donnent lieu à quelque addition à la future préface. Conservez surtout, je vous prie, la petite note sur papier de couleur. Il faudra que j'en tienne compte, parce qu'elle me met sur la route des réalités objectives et des réalités subjectives, deux sortes de réalités également puissantes, et qui sont alternativement mères et filles les unes des autres.

Lorsque votre dernière lettre m'est arrivée, j'avais de nouveau pris de l'inquiétude. Aujourd'hui et hier, je suis rentré dans l'apaisement de l'inquiétude.

Avant-hier, j'ai rencontré M. Goureau qui m'a très bien parlé de Léa Cornelia et qui m'a dit qu'il plaçait M. Récamier au premier rang pour le tact médical, en première ligne pour la science ; et M. Récamier, qui a fort bien réussi pour Mme Goureau, était en opposition avec les autres médecins consultés ; et M. Récamier a expliqué à M. Goureau son opinion sur Mme Récamier ; et M. Goureau croit à l'opinion de M. Récamier.

Voilà où j'en suis. Pour moi, la chose considérable, c'est l'état apparent de Mme Récamier; or, je trouve cet état rassurant. Elle-même commence à être moins triste et moins découragée.

Mille tendres et respectueuses amitiés.

Hébal.