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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Chateaubriand → Mme Récamier, 8 août 1840, Paris

Livre VIII · Livre VIII (suite)

Chateaubriand → Mme Récamier, 8 août 1840, Paris

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 497 · chapitre 487 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Paris, 8 août 1840.

« Je vous ai écrit avant-hier. Votre lettre aujourd'hui me fait un extrême plaisir. Vous allez continuer les eaux, vous faites bien; prenez courage, n'ayez rien à vous reprocher, de sorte que nous n'ayons plus aucun scrupule de vous retenir parmi nous. Mais revenez et ne voyagez plus. Je vous espère dans la première quinzaine de septembre.

« Vous écrivez comme un charme ; je vous lis tout couramment. Moi je vous prouve en griffonnant que ma pauvre personne s'en va, mais que mes sentiments demeurent ; ils ne sont pas diminués comme mon écriture, et ils sont plus fermes que ma main. Rien de nouveau pour moi, sinon que je suis allé dîner à Saint-Cloud avec Mme de Chateaubriand et Hyacinthe. Je me suis un peu promené dans ces grands bois où j'ai perdu, il y a longtemps, bien des années ; je ne les y ai pas retrouvées.

« Hier M. Ampère a eu un bon commencement de succès. Nous espérons réussite complète pour vendredi prochain. Je suis toujours à la paix. Le prince Louis Bonaparte vient de tenter un coup de main sur Boulogne. Il a été pris avec tous ses amis.

« Mais où avez-vous pris que je me plaignais de votre silence? Je n'ai pas dit un mot de cela. Je suis le plus soumis, le plus dompté de tous ceux qui vous aiment. »