Livre VII · Livre VII (suite)
Chateaubriand → Mme Récamier, 24 mai 1829, Lyon
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«Lyon, dimanche 3 heures 1/2, 24 mai 1829.
« Lisez bien cette date. Elle est de la ville où vous êtes née ! Vous voyez bien qu'on se retrouve, et que j'ai toujours raison. C'est Hyacinthe que j'envoie en avant, qui vous remettra ce billet. Maintenant, est-ce moi qui vous emmènerai à Rome, ou vous qui me garderez à Paris? Nous verrons cela. Aujourd'hui, je ne puis vous parler que du bonheur de vous revoir jeudiı.
« Au surplus, si l'on m'attend avec impatience, j'ai bien peur de tromper tout le monde, car je ne suis content de personne. J'ai de dures vérités à dire; je les dirai d'autant plus aisément, que je ne demande et ne veux rien. Ma position est bonne. J'ai rendu un grand service; j'ai fait, dans un lieu où l'on croyait au repos abolu, une campagne difficile et glorieuse. On voulait m'oublier, et cela n'a pas été possible. Mon congé, — qui me laisse dans une indépendance absolue, et qui m'a été accordé avant que M. Portalis fût ministre, - me donne tout le temps de me prononcer à loisir et de prendre tel parti que je voudrai.
« Enfin, à jeudi. Le cœur me bat à la pensée de vous retrouver dans votre petite chambre. J'ai une lettre de la reine de Hollande pour vous. A jeudi : je n'ose croire à ce mot. Il n'y a que huit jours que je voyais encore les montagnes de la Sabine, et je vois celles du Bourbonnais ! Du Tibre au Rhône, au Rhône dont vos premiers regards ont embelli les ondes . A jeudi !