Chapitre XIII (suite)
[Ballanche] → [Mme d'Hautefeuille], 26 avril 47
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26 avril 47.
J'ai fait part de vos félicitations à Ampère.
Jeudi dernier, le salon de Mme Récamier ne désemplissait point. Il vous est impossible de vous figurer la joie de l'élu. Il faut être juste, le triomphe était beau. M. de Chateaubriand grimpant un vrai escalier de casse-cou pour apporter son vote. M. Brifaut ne sortant que pour se traîner à l'Académie. M. de Barante, menacé d'un deuil si prochain, que sa belle-fille est morte aujourd'hui même; M. Molé et M. de Saint-Aulaire, dans l'affliction, et venant voter, etc....
C'est aujourd'hui que devait avoir lieu l'opération si vivement désirée, quoiqu'avec trouble. Samedi, Mme Récamier a eu un assez vif accès de névralgie. On crut prudent d'ajourner de quelques jours. Et ce soir encore elle a eu un nouvel accès, quoique plus léger. M. Récamier croit que la saison dispose aux névralgies, et il est d'avis d'ajourner jusque vers le milieu du mois prochain.
Tout ceci est bien triste.
Je n'ai point écrit à M. de Sivry.
Je n'ai point encore lu les Cathelineau1.
(1) Les Cathelineau, par Anna-Marie. Cet ouvrage ne parut en volume qu'en 1855. Il fut publié auparavant dans le Correspondant du 2ă avril au 10 juillet 1847. ↩
Les journées s'enfuient. Cependant, je persévère dans mon travail; une heure et demie, ou deux heures, de deux jours l'un : c'est ce qui fait mon salut dans ces jours de vraie désolation.
Mme Lenormant a été très souffrante. M. Lenormant a failli avoir une vraie maladie.
M. de Chateaubriand vient, à présent, tous les jours chez Mme Récamier. Cette reprise de si anciennes habitudes est plus touchante que je ne puis le dire.
Jeudi dernier, Mme de Lamartine est venue. Elle avait l'air d'une pauvre ombre qui se glisse parmi des vivants. Elle n'a causé qu'avec Mme Récamier, qui est la sympathie même.
Toutes mes tendresses.
Hébal.