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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 8 juin 1824, Paris

Livre V · Livre V (suite)

Le duc Mathieu de Montmorency → Mme Récamier, 8 juin 1824, Paris

Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier · 1 min de lecture · p. 108 · chapitre 253 sur 530

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : M.Levy, 1860, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

« Paris, 8 juin 1824.

« Je voulais vous écrire depuis quelques jours, aimable amie. Je voulais répondre à cette lettre que j'ai enfin reçue, et qui me révèle ces projets de voyage contre lesquels j'ai protesté d'avance, mais qui paraissent déjà avoir subi quelques modifications ou incertitudes sans aucun profit pour l'amitié. Soit que vous veniez à Lucques, ou que vous alliez faire une course à Naples, nous serons toujours privés du bonheur de vous voir ; et nous passerons devant cette pauvre Abbaye pour pousser un gros soupir en voyant certaines fenêtres fermées.

« Mais, pendant ce temps-là, que de nouvelles agitations dans nos salons, dans les causeries du peuple, comme dans les nôtres, et même dans les chambres ! La loi des rentes est rejetée par les pairs. Je ne sais pas ce qu'en pensaient les têtes financières de votre connaissance. Bien plus, une disgrâce politique en devient la suite, et elle tombe sur un de vos amis, qui depuis quelque temps se trouvait, dit-on, dans une situation fausse et vraiment intolérable. Je vous renvoie pour bien des détails à la Quotidienne d'aujourd'hui 8 juin, qu'il faut que vous vous procuriez, et aussi au Journal des Débats qui paraît se décider pour le parti généreux entre le vainqueur et le vaincu. J'imagine qu'il vous écrit lui-même. Il a un maintien simple, noble et courageux. Il vient de venir à la chambre même où je vous écris reprendre sa place et son ancien costume.