Livre V · Livre V (suite)
Le duc de Laval Montmorency → Mme Récamier, 19 juin 1824, Gènes
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« Gènes, 19 juin 1824.
« Jugez de ma surprise, lorsque hier soir en arrivant ici j'apprends du consul la destitution si brusque, si singulière dans sa forme, du ministre de mon département. Et le ton si irrité, si menaçant du Journal des Débats, sans le moindre ménagement! Tout cela m'a confondu, et cette surprise vous la partagerez.
« Vous aurez reçu peut-être quelques indices par la correspondance du père1 et du fils2, qui sans doute ne sont pas restés inactifs dans ce drame. J'avais reçu une lettre de Mathieu qui me mandait, franchement avoir voté contre la loi qui a causé la division, la rupture et l'éclat dont nous voyons les effets. Voilà vos pressentiments d'orage éclaircis. On demandait avec raison3 à certaine personne de ne point se presser, parce qu'on prévoyait, on combinait déjà qu'à la première occasion il y aurait rupture; et on ne voulait pas que cette personne pût tempérer des passions dont on espère profiter pour son élévation.
1. Le duc de Doudeauville. ↩
2. Le vicomte de Larochefoucauld. ↩
3. Il s'agit évidemment du père et du fils. ↩
« Des lettres particulières ont mandé ici que le duc de Doudeauville pourrait avoir le portefeuille vacant. Ce serait le conserver dans les mêmes mains où il est jusqu'à présent depuis la chute. Que je suis impatient d'en apprendre davantage ! Le cousin se sera fort agité.
« De tout mon cœur, je suis tout à vous avec le plus entier et le plus tendre dévouement. »