Ambassadeur à Londres après Chateaubriand, président du Conseil d’août 1829 : sa nomination provoque la démission de l’ambassadeur de Rome, ses ordonnances la révolution de Juillet.
En bref
| Naissance | 14 mai 1780 — Versailles |
|---|---|
| Mort | 2 mars 1847 — Paris |
| Sépulture | cimetière de Picpus |
| Rencontres | Ambassadeur à Londres après Chateaubriand ; son ministère (août 1829) provoque la démission de Chateaubriand de l’ambassade de Rome ; les ordonnances de juillet 1830 (Mémoires, livres XXXI-XXXII). |
| Dans les Mémoires | 49 mentions (relevé automatique) : livres V (9) ; XXII (23) ; XXIV (17) ; XXV (13) ; XXVIII (16) ; XXX (15) ; XXXI (7 chapitres) ; XXXII (1, 2, 3, 4, 5) ; XXXIII (1) ; XXXIV (2) ; XXXV (9) ; XXXVI (1) ; XXXVII (5, 6) ; XL (7) ; XLI (1) ; livre « Madame Récamier ». |
| Référence | Wikidata Q350613 |
| Correspondance | 33 lettres dans la Correspondance (8 écrites, 25 reçues). |
L’ami royaliste
Jules de Polignac (1780-1847), fils de l’amie de Marie-Antoinette, conspirateur royaliste emprisonné sous l’Empire, est en 1814 l’un des rares à proclamer le roi :
« MM. Matthieu et Adrien de Montmorency, MM. de Polignac, échappés de leur geôle, M. Alexis de Noailles, M. Sosthène de La Rochefoucauld. Ces sept ou huit hommes, que le peuple méconnaissait […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 23. · Lire le passage
En décembre 1820, il porte à Chateaubriand des nouvelles de la négociation qui fait entrer Villèle au ministère :
« Je viens de passer chez vous qui étiez retiré, noble vicomte : j’arrive de chez Villèle qui lui−même est rentré tard de la conférence que vous lui aviez préparée et annoncée. »
Polignac à Chateaubriand, Paris, mercredi 20 décembre [1820], Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXV, chapitre 13. · Lire le passage
L’ambassade de Londres
Ministre, Chateaubriand le fait nommer ambassadeur à Londres ; il le regrettera :
« J’avais eu le malheur de faire nommer M. de Polignac ambassadeur à Londres, malgré ce qu’avait pu me dire M. de Villèle : en cette occasion il vit mieux et plus loin que moi. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 16. · Lire le passage
« Si M. de Polignac n’eût pas été ambassadeur, il ne serait pas devenu ministre des affaires étrangères. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXVIII, chapitre 16. · Lire le passage
Août 1829 : le ministère Polignac
« Il ne me vint pas un seul instant dans l’idée que M. de Polignac pourrait être investi du pouvoir : son esprit borné, fixe et ardent, son nom fatal et impopulaire, son entêtement, ses opinions religieuses exaltées jusqu’au fanatisme, me paraissaient des causes d’une éternelle exclusion. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 1. · Lire le passage
Ambassadeur à Rome, il revient à Paris et donne sa démission :
« Croyez, prince, qu’il m’en coûte, au moment où vous arrivez au pouvoir, d’abandonner cette carrière diplomatique que j’ai eu le bonheur de vous ouvrir. »
Chateaubriand à Polignac, Paris, 28 août 1829, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 3. · Lire le passage
« M. de Polignac me jurait qu’il aimait la Charte autant que moi ; mais il l’aimait à sa manière il l’aimait de trop près. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 3. · Lire le passage
« M. de Polignac me parut rentrer, lorsque je le quittai, dans cette confiance imperturbable qui faisait de lui un muet éminemment propre à étrangler un empire. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 3. · Lire le passage
Les ordonnances de juillet 1830
« L’idée était−elle de M. de Polignac seul ? C’est ce que l’histoire ne nous révélera peut−être jamais. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 8. · Lire le passage
« Certainement M. de Polignac est bien coupable, son incapacité est une mauvaise excuse, l’ambition dont on n’a pas les talents est un crime. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 8. · Lire le passage
« M. de Polignac se rendit à Saint−Cloud et fit signer au Roi, le 28, à cinq heures du matin, l’ordonnance qui mettait Paris en état de siège. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXII, chapitre 2. · Lire le passage
« A Trianon, M. de Polignac se sépara de son maître. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIII, chapitre 1. · Lire le passage
Le procès des ministres
Arrêté, Polignac est jugé avec les autres ministres de Charles X, condamné à la prison perpétuelle, amnistié en 1836. Chateaubriand aurait voulu le défendre :
« Si mon ami le prince de Polignac m’eût choisi pour son second, de quel oeil j’aurais regardé ces parjures s’érigeant en juges d’un parjure […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 2. · Lire le passage
« M. de Martignac a démenti noblement ses faiblesses en dépensant avec courage le reste de sa vie dans la défense de M. de Polignac. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 1. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XXII (23), XXV (13), XXVIII (16), XXXI (1-8), XXXII (2), XXXIII (1), XXXIV (2)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XXXI et XXXII

