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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques XXVI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 17 janvier 1823, Londres

Correspondance

XXVI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 17 janvier 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 124–125 · chapitre 35 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 17 janvier 1823.

La longue note que le cabinet britannique m'a adressée le 10 janvier, et dont je vous ai transmis aussitôt le texte et la traduction, était bien plutôt dirigée vers le palais de Westminster que vers la cour des Tuileries; le ministre en avait besoin pour son attitude parlementaire; et cette démarche est faite uniquement en vue de la publication future des documents diplomatiques où elle doit figurer. Or, comme ces communications officielles n'auront pas lieu avant le mois d'avril, vous voyez que M. Canning fourbit ses armes bien longtemps avant le combat.

« Eh bien! que pense-t-on à Paris de ma note? » me disait-il hier. - Ce que j'avais prédit, lui ai-je répondu, et ce que, au fond, vous avez dû pressentir vous-même. Cette note ne nous séparera pas de l'alliance continentale, et nous aurions souhaité, comme je vous l'avais dit avant sa rédaction, éviter • cette explication superflue.-« Je ne pouvais pas, » a répliqué M. Canning, « laisser sans réponse la « note de M. de Montmorency, où il refusait notre médiation douze heures avant de quitter les affaires; c'était une flèche parthe qu'il nous décochait en fuyant. D'ailleurs, tout se publie aujourd'hui : M. de Villèle, par un procédé inusité, publie dans le Moniteur une note diplomatique signée de la veille. Les ambassadeurs du continent me communiquent ici, le 10, une circulaire confidentielle qui, le 11, se trouve dans tous les journaux. Quand le parlement nous demandera compte de nos efforts pour arrêter la guerre, il faudra bien publier aussi notre tour, et prouver par des documents authentiques que nous n'avons rien négligé pour maintenir la paix. s M.