Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques XX. M. de Marcellus → Chateaubriand, 7 janvier 1823, Londres

Correspondance

XX. M. de Marcellus → Chateaubriand, 7 janvier 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 114 · chapitre 29 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 7 janvier 1823.

Le premier effet de votre accession au ministère a produit l'applaudissement; je commence à ressentir aujourd'hui le contre-coup des malicieux commentaires de notre capitale; mais on ne redit qu'en plaisantant à Londres ce que l'acharnement des partis rend à Paris presque sérieux.

Salons ! dangereux salons, que Napoléon, prié de désigner sa plus pénible conquête, se vante peut-être à faux d'avoir domptés ! (Mémoires récemment publiés à Londres.) Au milieu de ce choc des opinions, les uns vous plaignent, d'autres regrettent que vous n'ayez pas préféré une longue ambassade en Angleterre à un ministère passager. Je réponds que, conséquemment à toute votre vie, vous deviez accepter des fonctions difficiles, dès que les plus précieux intérêts de la France vous les imposaient; enfin, je mets à faire comprendre votre attitude tout le zèle d'un disciple.

A ce titre, souffrez que je jette avec vous un regard rapide sur ma position particulière depuis votre • départ. Resté représentant de la France auprès du roi et du'ministre qui seuls manquaient à Vérone; chargé de surveiller le début de ce ministre dans une carrière qu'il a renouvelée, rajeunie, et qu'il va parcourir avec d'éclatants succès, je n'ai eu ni instructions primitives ni directions régulières. A mes nombreuses dépêches, trois lettres ont répondu en quatre mois, approuvant mon langage quand J'ai parle, mon silence quand je me suis tu, mais ne disant jamais si je devais à l'avenir parler ou me taire. Enfin, les propositions de ma propre cour au congrès ne m'ont été révélées que par les communications de mes collègues chargés d'affaires comme moi. Dans ce tableau de mon délaissement, je n'exagère rien ; et comme votre dépêche et votre lettre particulière l'ont fait cesser, je ne crains pas de vous demander pour votre ambassade de Londres cette confiance dont vous connaissez mieux que moi tout le prix. M.