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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques CX. Chateaubriand → M. de Marcellus, 29 mai 1823, Paris

Correspondance

CX. Chateaubriand → M. de Marcellus, 29 mai 1823, Paris

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 277 · chapitre 119 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, 29 mai 1823.

Je reçois votre lettre du 27 au soir. Nous ne croyons pas ici à toute l'étendue de ces bonnes nouvelles, que nous ne savons encore que par Londres. Mais, comme vous, nous croyons que nous touchons au dénoûment. Une chose excellente, c'est d'avoir trouvé à Madrid l'Infantado, qui a vu monseigneur le duc d'Angoulême, et qui accepte la présidence de la régence qu'on va former. La défection d'Abisbal est aussi très-certaine ; mais elle n'a pu produire son fruit immédiatement. En tout, vous pouvez regarder la chose comme à peu près finie. Il dépend de l'Angleterre de mettre un terme à cet à peu près, en réclamant à Séville la liberté du roi. Son rôle sera encore superbe; mais elle n'a plus qu'un moment pour le jouer : car, si elle ne veut pas se mêler de la fin, la fin arrivera sans elle.

Oui, j'aime l'Angleterre et son gouvernement. Je suis prêt à me réunir au cabinet britannique. pour établir la paix et une sage liberté en Espagne. Mais pourquoi ce cabinet ne connaît-il pas mieux ses intérêts et ses amis? Pourquoi ne profite-t-il pas du dernier moment qui lui reste pour couper court à cette agonie de la faction des Cortès en Espagne? Qu'il parle à Séville; et, sur un mot ferme, Ferdinand revient dans sa capitale, et tout est fini.