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L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques CVIII. Chateaubriand → M. de Marcellus, 27 mai 1822, Paris

Correspondance

CVIII. Chateaubriand → M. de Marcellus, 27 mai 1822, Paris

Souvenirs diplomatiques · 1 min de lecture · p. 273 · chapitre 117 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, 27 mai 1822.

Je vous remercie de m'avoir un moment arraché à tout ce farrago de dépêches, et à mon cabinet des boulevards, pour me faire encore une fois promener avec vous dans les Cyclades; vous dites vrai : la Grèce apparaît toujours comme un de ces cercles éclatants qu'on aperçoit en fermant les yeux.... O ubi campi?... Quand retrouverai-je les lauriers-roses de l'Eurotas et le thym de l'Hymette? Là je n'entendais que le bruit des vagues du Pirée vers le tombeau détruit de Thémistocle, et le murmure des lointains souvenirs !!.....

Revenons à l'Archipel. Je ne négligerai rien, je vous jure, pour que votre projet et vos chiffres triomphent des lenteurs nonchalantes, des demi-concessions et des affirmations négatives des bureaux. Que ne puis-je enrichir ces îles, que nous avons vues, vous et moi, si pauvres! Arva beata, divites et insulas, comme disait Catulle; ce profane Catulle, si vrai poëte, que Fénelon a cité, comme je le cite moi-même, dans son admirable lettre à Bossuet sur l'Orient! Relisez-la, pour oublier un instant les affaires, et même M. Canning1. C.

(1) M. de Chateaubriand, qui gardait copie de presque toutes ses lettres, a remanié celle-ci dans ses Mémoires d'outre-tombe; mais la révision et la paraphrase de 1839 lui ont ôté beaucoup de sa primitive simplicité. ↩