Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Souvenirs diplomatiques XLIII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 23 février 1823, Londres

Correspondance

XLIII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 23 février 1823, Londres

Souvenirs diplomatiques · 2 min de lecture · p. 147–149 · chapitre 52 sur 163

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Londres, 23 février 1823.

Londres est le refuge de tous les Européens bannis de leur pays1, et ils exploitent l'hospitalité britannique en toute licence. L'ambassadeur d'Au: triche, insulté et poursuivi publiquement, il y a un mois, dans les rues par un Itahen, n'a pu obtenir une satisfaction telle quelle qu'après avoir signifié qu'il allait demander son rappel, si le ministère ne trouvait aucun moyen de prévenir ou de punir de telles injures. Ces cas d'insulte, et la scène à l'arrivée du duc de San-Lorenzo pouvant se répéter pour nous, puisqu'il loge dans mon voisinage, j'ai déclaré au ministre que je rendais le gouvernement responsable de toute attaque contre l'ambassade; que j'avais ordonné, au moindre rassemblement populaire, la clôture de l'hôtel; et que, si la foule osait en franchir le seuil, je prendrais conseil de mon indignation plus que de ma force.

(1) Louis XVIII me dit à mon retour de Londres : « L'Angleterre ne se doute pas qu'elle copie en ce moment la sainte « Vierge, et qu'après avoir été de mon temps la consolatrice • des affligés, consolatrix afflictorum, comme dans les lita- « nies, elle est devenue le refuge des pécheurs, refugium « peccatorum. C'est mou frère qui me faisait faire hier cette * observation. • ↩

Au reste, je n'ai pas à regretter les vociférations injurieuses, la boue et les vitres cassées que l'hôtel, fermé par mes soins, a du subir le jour de l'entrée du duc de San-Lorenzo, tous détails dont j'ai grossi ma dépêche officielle. Cet incident a été favorable à notre cause; et ces vengeances populaires, en même temps qu'elles jettent sur ceux qui en sont les objets une sorte d'intérêt et de faveur, sont trop là-ches pour ne pas être hautement réprouvées par une nation amie des convenances et des égards sociaux.

Croiriez-vous que le nom des jésuites vient de résonner sous les voûtes de Westminster? Voici le fait : Aux communes, M. Brownłow a appuyé quelques pétitions qui ont demandé l'abolition des établissements de jésuites en Irlande, vu que ceux-ci, retenant à dessein le peuple dans l'ignorance, étaient en partie la cause des malheurs récents de ce pays.

MM. Parnell, Hutchinson et sir J. Newport ayant déclaré qu'ils n'avaient jamais entendu parler d'établissements de jésuites en Irlande, M. Brougham s'est levé pour dire qu'on avait quelquefois accusé les jésuites de répandre de fausses lumières, mais jamais de laisser les esprits dans les ténèbres ; - et la chose en est restée la. M.