Correspondance
XII. M. de Marcellus → Chateaubriand, 30 novembre 1822, Londres
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On a dû vous envoyer à Vérone la vigoureuse note que j'ai passée ici, le 26, au cabinet britannique sur ses négociations à Madrid. Nous y déclarons qu'une décision immédiate de la France doit résulter des explications qui vont nous être données.
« Nous avons beaucoup d'affaires arriérées avec l'Espagne, » m'a dit à ce sujet M. Canning, mais elles ne méritent pas vos soupçons. La marine espagnole a insulté, capturé, détenu plus de vingt vaisseaux anglais depuis dix ans dans les mers occidentales, et nous sommes à Madrid en termes de créanciers et non d'amis. Nous avons prescrit à notre ministre de réunir en un seul corps ces réclamations, d'évaluer les pertes, et de demander des indemnités en un seul chiffre. Ler cortès ont peut-être délibéré sur le mode d'acquit tement de cette dette, et le gouvernement français aura pris un mémoire à payer pour un traité de commerce. s - Toute négociation Madrid, ai-je interrompu , pendant qu'on décide à Vérone le mode de réprimer le désordre et l'anarchie dans la Péninsule, a droit de nous surprendre, et appelle notre attention. Les cours alliées s'en étonneraient comme nous; et c'était dans le but de prévenir ces complications qu'elles avaient fait une démarche collective auprès de vous pour suspendre l'arrivée de sir W. A'court à Madrid. - J'ai compris alors, et je comprends encore aujourd'hui vos appréhensions et vos intérêts, » a répliqué le ministre; « les nôtres diffèrent comme notre conduite; mais ce traité de commerce qu'on redoute m'est tout à fait inconnu. » - J'ai insisté. Cependant les journaux dénoncent un nouveau tarif de douanes. -« Pas plus de taxations de douanes que de traité de commerce, v a répondu M. Canning; « toutes nos affaires avec la cour de Madrid sont celles que je viens de vous indiquer. »
Puis, quand il m'a remis sa note responsive, comme je lui faisais observer que nous ne pouvions être satisfaits de ces explications qui avaient l'air de défaites, j'ai ajouté que, dans mon opinion personnelle, il existait ou il allait exister un nouveau traité entre l'Angleterre et l'Espagne. Le ministre, tout en niant encore, a fini par sourire. Puis il m'a dit : « A vous la gloire militaire suivie de désastres et de « ruine matérielle; à nous les transactions prosaïques de l'industrie et une prospérité croissante ! • Trahu sua quemque voluptas. i M.