Correspondance
CXXXI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 1" juillet 1823, Londres
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Londres, 1" juillet 1823.
Mon collègue, le ministre de Bavière, vient de me communiquer un article d'une gazette allemande dont je veux vous réjouir. Le voici :
« Un rusé spéculateur sur les fonds publics communiqua un faux discours du trône au vicomte de Marcellus vingt-quatre heures avant que le véritable discours ne fût prononcé à Londres. Celui-ci n'eut rien de plus pressé que de le faire passer à Paris. Ce document, publié dans l'Étoile, occasionna aux joueurs de la bourse une perte de quatre ou cinq millions, ce qui attira à ce journal bien des plaisanteries et des injures quand Je tour fut découvert. Mais le fait a laissé, dit-on, un million de profit dans les mains du jeune chargé d'affaires. Comment peut-on, dans de telles circonstances, laisser l'ambassade si importante de Londres dans les mains inexpérimentées d'un & jeune homme de vingt-quatre ans? » (Wie man denn unter, gegenwärtigen Umständen den so wichtigen Gesandtschaften von London einem unerfahr-
nen jungen Manne von 24 Jahren anvertrauen könne.)
Que pensez-vous de ce défaut d'expérience qui m'aurait rapporté un million?
Hélas ! voici la seconde fois depuis trois ans que je manque à ma destinée! car, è mon retour de Grèce, le duc de Hamilton me fit offrir deux cent mille francs de la Vénus de Milo, croyant que je pouvais encore en disposer. - Sum dea, sed rara, et paucis occasio nota, s disait de la Fortune mon compatriote Ausone.
M.