Correspondance
LXX. M. de Marcellus → Chateaubriand, 4 avril 1823, Londres
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•Si, dans mes entretiens avec les ministres anglais, que vous lisez dans mes dépêches périodiques, j'avais confondu les documents et les transactions de Vérone, je vous prie de vous en étonner médiocrement. Je n'ai jamais connu ces transactions autrement que par la lecture rapide que le prince Esterhazy m'a permis de prendre des pièces déposées ici à son ambassade.
Je réponds à ce que vous me dites pour la presse quotidienne en me recommandant de la soigner.
Il est très-difficile, en Angleterre, d'agir sur les journaux. Ici, les gazettes prépondérantes ne se vendent pas. On en dispose quand, par des communications plus importantes, ou par des nouvelles plus rapides, on accroît leur valeur en leur procurant un plus grand nombre d'abonnés. Toute autre influence est sans effet. Le Times est le plus à craindre, parce que, à l'aide de nouvelles qu'il achète fort cher ou publie le premier, et qui multiplient ses lecteurs, il jette au loin et partout la réprobation de notre politique. Le Morning-Chronicle est bien moins dangereux ; sa violence et son cynisme portent avec eux leur antidote. Le Sun et le Morning-Herald, étoiles satellites, ne réfléchissent que la lumière du Times. Le New-Times, le Courrier, et même Cobbett, sont pour notre cause. Toutes ces feuilles répètent mes nouvelles plus que mes raisonnements; et l'on ne saurait guère exiger davantage de ces spéculateurs politiques, qui, pour le succès de leur commerce, ont besoin de toute la faveur du public. M.