Correspondance
XLI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 18 février 1823, Londres
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Comptez, je le dis encore, sur la neutralité de l'Angleterre. Au milieu de tout ce tumulte haineux, je ne l'ai pas mise en doute un seul instant. La véhémence de lord Liverpool, dans la séance de l'adresse, et l'humeur violente de M. Canning, n'ont point ébranlé ma conviction. J'ai pensé que, l'émotion publique se calmant insensiblement, l'Angleterre n'en viendrait jamais à déclarer la guerre à la France, et à se porter l'unique auxiliaire d'un peuple qu'elle accuse d'obstination dans ses préjugés, d'ingratitude envers ses alliés, pour lequel elle n'a pas le degré d'estime qu'il mérite et que nous professons, enfin, contre qui elle vient d'armer elle. même dans l'intérêt de ses griefs commerciaux. La question catholique, les attaques de l'Opposition sur les impôts, le budget qui ne présente pas ici, pour balancer ou diminuer sa dette, l'excellente institution de notre caisse d'amortissement, l'administration des recettes, l'état de l'Irlande, et la réformeparlementaire, vont occuper l'opinion publique. On 'oubliera l'an prochain la question d'Espagne comme on a oublié le procès de la reine, cause de tant d'orages; et cela, parce que cette question ne porte pas sur un intérêt directement national, et ne pourrait que donner à l'Angleterre un triomphe passager d'opinion, mais non ouvrir pour elle une source nouvelle et durable de prospérités. M.