Correspondance
XXXVI. M. de Marcellus → Chateaubriand, 4 février 1823, Londres
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de M. Lévy frères, 1858, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Vous avez déjà lu tout ce que dit ma dépêche officielle sur l'absence du mot neutralité; mais à votre lettre particulière du 1er février, si précise, je réponds ici par une égale précision. Il ne saurait y en avoir trop en telle matière.
Ce matin, M. Canning, avant la séance d'ouverture, m'avait lu le paragraphe de l'adresse concernant la politique étrangère. Le mot neutralité n'y était pas; mais comme vous m'aviez prescrit, si ce mot était prononcé, de vous le dire par le télégraphe, j'ai eu peur que vous n'en vinssiez à lire, dans le silence du télégraphe, le mot hostilité; en conséquence, une heure après l'adresse récitée en séance solennelle, j'ai envoyé à Calais ceci :
Londres, mardi, 4 février, à 3 heures de l'après-midi.
« Le discours du roi dit qu'il conserve encore que que espoir de voir l'irritation se calmer entre la France et l'Espagne, sans affirmer ou nier la neutralité de l'Angleterre, dont il ne parle pas. »
Maintenant, pour ne donner lieu ni à méprise ni à surprise, je vous raconte itérativement le fait dans cette lettre particulière, presque copiée sur madépêche officielle, et écrite cinq heures après ma dépêche télégraphique. Toutes les deux, bien que confiées à votre courrier extraordinaire, suivront lentement le courrier des airs, à moins qu'un nuage ne leur donne le temps de l'atteindre. M.