Correspondance
LXXXV. M. de Marcellus → Chateaubriand, 3 mai 1823, Londres
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Votre discours est d'un merveilleux effet. Le Morning-Chronicle lui-même en fait l'éloge; le duc de Wellington en est ravi. « C'est ainsi, » dit-il, « qu'il fallait répondre; c'est là le discours que j'aurais voulu dicter, si j'en avais eu le talent. » - Puis, se tournant vers lord Harrowby avec une franchise toute militaire: « Voilà comme parle un vrai gentilhomme ! noblesse, loyauté, absence de ressentiment, bon sens, tout est là; depuis deux mois nous n'avons rien dit ni rien entendu de ce genre. »
Le duc de Wellington a conservé dans nos épreuves tout l'honneur de son caractère. Traduit devant l'opinion, calomnié à Westminster, accusé d'impéritie, de faiblesse d'esprit, abandonné par celui de ses collègues qui était son défenseur naturel, M. Canning, il a bravé les injures, les sarcasmes; et jamais une parole équivoque n'est sortie de sa bouche contre les alliés, la France, son roi ou ses ministres. Bien plus, quand des vœux imprévus et hostiles retentissaient au parlement, le duc de Wellington me cherchait avec amitié, me rassurait en secret sur l'issue de ces tristes débats, et présageait nos succès en Espagne. « Ce ne sont point des troupes: a qu'il faut pour cela, v me disait-il hier, a mais de l'argent. Vous aurez toute l'Espagne, des que vous la payerez. J'ai distribué moi-même, chaque année, cinquante millions de subsides à ce noyau d'armée espagnole que j'avais formé, et cependant je ne soldais que les troupes enrégimentées autour de mes camps. o